12 avr. 2016

HAIKUS 12/04/16

sur le lac 
reflet du peuplier 
vêtu de sa robe ambre.
 
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regard figé 
au cœur d'un pétale 
plaine rouge
 
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esquisses écarlates
sur ma joue 
les chrysanthèmes tremblent 
 
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nuit d'hiver 
les pierres blanches 
étouffent la marée verte 
 
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azur libre 
moineaux agités 
des cris au loin 
 
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lumière ambre 
au pied de mon lit 
les feuilles s'assoupissent
 

HAIKUS 12/04/16

souffle du matin
sur la route
le merle se tait
 
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une vallée
sur le miroir
en automne 
 
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chant du silence
les feuilles s'unissent
au mur
 
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un chaume gris
sur le sol
froid d'automne
 
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au fond de l'étang 
une perle de larme 
inerte
 
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sur le chêne 
le merle boit 
la clarté du jour
 

HAIKUS 12/04/16

une perle de rosée
au sommet de la montagne
automne interrompu
 
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 l'azur endormi 
habille le corps 
du peuplier
 
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 le vent d'hiver 
laisse une ride 
sur mon visage
 
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une goutte d'eau 
sur les feuilles sèches 
l'étang rajeunit
 
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sur le toit brûlant. 
le nid des moineaux
bascule 
 
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la tulipe s'affale
sur le miroir
du ruisseau
 

FRAGMENT 12/04/16


HAIKUS 12/04/16

le peuplier se dénude
en silence
sous le soleil d'automne

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une fissure 
sur la montagne
automne se lève

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vent d'hiver 
le merle trébuche 
sur une tuile délabrée

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sur le miroir
d'un étang
la lune montre sa cicatrice

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la feuille de peuplier
quitte sa branche
pour un nouvel automne

7 avr. 2016

FRAGMENT 07/04/16

   Nous pourrions attendre les ruines de la terre et celles du sol. Nous pourrions lire d'autres ruines. Nous pourrions espérer d'autres cendres et prétendre lire les écrits de la pluie nocturne. Cette pluie nocturne, certains la disent nuptiale. Les ruines de la pluie se font attendre comme la solidarité des mots qui peinent à dire ce que le monde refuse de contempler par souci d'ordre établi. Alors, nous nous tournons vers des légendes. Les légendes pourtant ne sont qu'un mensonge de la voix qui refuse d'ouvrir la porte qui mène vers une déplaisante vérité. La légende n'est qu'une froide rayure de l'âme qui préfère laisser comme souvenir un champ serein refusant de montrer des branches suppliciées. Nous attendons encore d'autres ruines.

20 févr. 2016

FRAGMENT 20/02/16

   On dit ineffable. Pourtant, on peut décrire un semblant de lumière et même un perturbé ruisseau qui laisse sur la berge l'écorce d'un platane tombé en désuétude. On esquisse. On tente d'esquisser un lointain sur une terre qui respire le silence. Près de soi, traîne aussi un vert abandonné par un liseron vêtu de mépris. Ce mépris, on l'ignore même lorsque l'on parvient à le lire derrière chaque sourire. De ce vert, on perçoit sa senteur. On remarque même ses rides. On remarquera son silence, bientôt.

6 févr. 2016

FRAGMENT 06/02/16

   On dirait un vent. Un vent léger. Une légèreté. Une fraîcheur. Sous un gris, il se fait une nostalgie vêtue d’une robe ambre. On la dit légère aussi. On laisse quelques arbres affalés. On les relève pourtant au lever de ce vent. Ce liquoreux vent se donne encore au vide perçu la veille. C’est un jour de plus trépassé. Le léger vent plonge peu à peu l’ambre lumière dans un long sommeil. Voit-on le jour par delà l’obscurité dressée. Le vent et le jour sont de l’ordre de l’ineffable. C’est pour cela qu’on les nomme “légèreté”.

1 févr. 2016

FRAGMENT 01/02/16

   Parler est un silence. Un vieux silence tombé en désuétude. Parler est un vent. Un vent que j’ai étreint avec un autre temps. Parler, c’est se taire avec la fissure du temps et de l’âme. Écouter est une parole dépourvue de vanité. Inhumain est celui qui laisse du sang sur un balcon tombé dans l’oubli. Ce balcon lointain, on peut très bien l’avoir vu saigner une nuit alors que le soleil était à son zénith. Parle-t-on du même soleil ? Parle-t-on du même zénith ?

FRAGMENT 01/02/16

   Je pétris. Je pétris les mots. Je pétris les mots avec cette illusion que tu as épousée. Corps et âme elle t’appartient. Loin des mots, loin des fleurs, je porte un semblant de bleu en mon âme. Je suis loin des mots, au désarroi d’un limon. Tout près, on exalte un roi déchu. Et ces mots, on les laisse près d’une chaise aux chevilles brisées. Je continue de pétrir les mots avec l’herbe du passé.